Fibromes utérins : une pathologie encore trop méconnue et ce que la naturopathie peut faire pour toi
Les fibromes utérins touchent environ une femme sur trois en âge de procréer. Pourtant, combien d'entre elles ont attendu des années avant d'avoir un diagnostic ? Combien se sont entendues dire que leurs douleurs, c'était "normal" ?
C'est l'histoire de Laure, 35 ans, qui a accepté de témoigner dans le podcast Confidences Fertiles. Des années de règles hémorragiques, de douleurs pelviennes invalidantes, de médecins qui n'écoutent pas, avant qu'un fibrome (deux, en réalité) soit enfin découvert, lors d'une échographie en centre PMA.
Son témoignage, tu peux l'écouter dans l'épisode 32 de Confidences Fertiles. Mais avant ça, voici ce qu'il faut savoir sur les fibromes parce que l'information, elle aussi, tarde souvent à arriver.
Qu'est-ce qu'un fibrome utérin ?
Un fibrome (ou myome) est une tumeur bénigne qui se développe dans ou autour de la paroi musculaire de l'utérus. Il peut être unique ou multiple, de quelques millimètres à plusieurs centimètres.
On distingue plusieurs types selon leur localisation :
Sous-muqueux : à l'intérieur de la cavité utérine, en contact direct avec l'endomètre
Intra-muraux : dans l'épaisseur du muscle utérin
Sous-séreux : à l'extérieur de l'utérus, du côté de la cavité abdominale
Pédiculés : reliés à l'utérus par un "pied", ce qui peut parfois permettre une ablation chirurgicale
La classification internationale va du type 0 au type 8, selon la profondeur et la localisation. Les fibromes de Laure sont de type 6 : sous-séreux, non pédiculés, logés à la jonction entre l'utérus et la vessie. Une localisation qui les rend difficiles à détecter à l'échographie standard, et qui explique pourquoi ils ont mis si longtemps à être identifiés.
Quels sont les symptômes des fibromes utérins ?
Les fibromes peuvent être totalement asymptomatiques. Mais quand ils s'expriment, les symptômes sont souvent banalisés par les femmes elles-mêmes, et souvent aussi par les soignants.
Signes fréquents :
Règles abondantes, voire hémorragiques (avec caillots, nécessitant des changes fréquents)
Saignements entre les cycles
Douleurs pelviennes ou lombaires
Sensation de pesanteur dans le bas-ventre
Douleurs pendant les rapports
Troubles urinaires (envie fréquente d'uriner, fuites)
Anémie par carence en fer, liée aux pertes sanguines importantes
Ces symptômes peuvent s'installer progressivement, ce qui rend leur détection encore plus difficile. On s'y habitue. On minimise. On pense que "c'est comme ça pour tout le monde".
Ce n'est pas comme ça pour tout le monde.
Fibromes et fertilité : quel impact réel ?
C'est la question que Laure pose dans l'épisode et c'est souvent la première question des femmes qui essaient de concevoir.
La réponse est nuancée : tout dépend de la localisation et de la taille du fibrome.
Les fibromes sous-muqueux sont ceux qui ont le plus d'impact sur la fertilité, car ils peuvent modifier la cavité utérine et perturber l'implantation embryonnaire.
Les fibromes intra-muraux volumineux peuvent déformer la cavité et réduire la réceptivité de l'endomètre.
Les fibromes sous-séreux (comme ceux de Laure) ont généralement moins d'impact direct sur la fertilité mais peuvent compliquer la grossesse selon leur taille et leur position.
En parcours PMA, la présence de fibromes est systématiquement évaluée avant la mise en place des protocoles. Elle ne contre-indique pas forcément la démarche, mais elle est prise en compte dans le suivi.
Peut-on faire disparaître les fibromes avec la naturopathie ?
Non. Et je préfère le dire clairement plutôt que de laisser croire le contraire.
La naturopathie ne supprime pas les fibromes. Elle ne les dissout pas, ne les réduit pas mécaniquement, et ne remplace ni le suivi médical ni les décisions thérapeutiques qui relèvent de ton médecin ou de ton gynécologue.
Ce que la naturopathie peut faire, en revanche, c'est agir sur le terrain qui favorise leur développement et accompagner les conséquences qu'ils entraînent au quotidien.
Ce que la naturopathie peut accompagner concrètement
L'hyperoestrogénie relative
Les fibromes sont des tumeurs œstrogéno-dépendantes, ils se développent sous l'influence des œstrogènes. Un terrain d'hyperoestrogénie relative (excès d'œstrogènes par rapport à la progestérone) peut favoriser leur croissance.
En naturopathie fonctionnelle, on peut travailler sur :
Le soutien hépatique pour favoriser l'élimination des œstrogènes en excès
L'équilibre du microbiote intestinal (l'estrobolome, ensemble de bactéries qui participent au métabolisme des œstrogènes)
La réduction de l'exposition aux perturbateurs endocriniens
L'alimentation anti-inflammatoire et à index glycémique maîtrisé
Les règles hémorragiques et l'anémie
Des règles très abondantes entraînent souvent une anémie ferriprive (fatigue intense, essoufflement, teint terne, difficulté à récupérer). La micronutrition peut aider à reconstituer les réserves en fer, en tenant compte des cofacteurs indispensables à son absorption.
L'inflammation et les douleurs pelviennes
Une approche anti-inflammatoire (alimentation, complémentation ciblée) peut contribuer à réduire l'intensité des douleurs chroniques, même si elle n'agit pas sur la cause mécanique des fibromes eux-mêmes.
La congestion pelvienne
La congestion du petit bassin peut amplifier douleurs, pesanteur et symptômes menstruels. Des pratiques comme le yoga thérapeutique, associées à un accompagnement naturopathique, peuvent aider à soulager cette congestion.
Le soutien émotionnel et la charge mentale du parcours
Vivre avec des fibromes non diagnostiqués pendant des années, comme Laure, laisse des traces. La charge mentale de gérer des règles imprévisibles, la peur de tacher, le sentiment de ne pas être crue, tout cela a un coût réel. L'accompagnement en naturopathie intègre aussi cette dimension, sans la minimiser.
Pourquoi les fibromes sont-ils si peu connus ?
C'est l'une des questions que Laure soulève dans son témoignage, et elle est juste.
Les fibromes touchent une femme sur quatre, et pourtant : peu d'informations accessibles, des délais de diagnostic parfois très longs, des spécialistes rares, et une recherche encore insuffisante sur les traitements non chirurgicaux. Les symptômes, règles abondantes, douleurs pelviennes, sont souvent normalisés, voire ignorés en consultation.
Briser ce silence fait partie du travail. C'est pour ça que cet épisode existe.
Écoute le témoignage de Laure
Dans l'épisode 32 de Confidences Fertiles, Laure raconte tout : les années d'errance, les médecins qui n'ont pas écouté, le diagnostic enfin posé, le parcours PMA en cours — et la résilience qui traverse tout ça.
Si tu te reconnais dans ces symptômes, son histoire pourrait t'aider à mettre des mots sur ce que tu vis. Et peut-être à insister un peu plus lors de ta prochaine consultation.
Tu veux être accompagnée ?
Si tu es en parcours fertilité avec des fibromes, ou si tu cherches un soutien naturopathique adapté à ta situation, je t'accompagne dans le cadre de mes consultations en ligne ou à Massy (Île-de-France).
La naturopathie ne remplace pas ton suivi médical, elle le complète, en travaillant sur le terrain, les symptômes et la globalité de ce que tu traverses.
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Cet article est rédigé à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. En cas de symptômes évocateurs, consulte un professionnel de santé.
