La naturopathie, ça marche vraiment ? Ce que j'observe en consultation

naturopathie et science

Si vous avez déjà posé la question "mais est-ce que la naturopathie, ça marche vraiment ?" à une amie, à Google ou dans votre tête en scrollant Instagram, vous n'êtes pas seule. C'est une question que j'entends régulièrement — en consultation, sur les réseaux, et même dans mon entourage personnel quand je me présente comme naturopathe.

Et je la trouve totalement légitime.

C'est justement le sujet de l'épisode 23 de Confiance Fertile, que j'ai consacré entièrement à cette question. Si vous préférez écouter plutôt que lire, je vous invite à aller l'écouter directement ici : [LIEN ÉPISODE 23]. Sinon, on plonge ensemble dans le vif du sujet.

Parce que dans ce domaine, on voit circuler beaucoup de choses : des promesses démesurées, des témoignages miraculeux, des "guéris ton SOPK en 21 jours" qui fleurissent sur les réseaux sociaux. Ce genre de contenu décrédibilise notre profession. Et ça rend difficile de faire la part des choses entre ce qui est sérieux et ce qui relève du marketing agressif.

Alors aujourd'hui, j'ai envie de vous donner une réponse complète — et honnête. On va parler de science, de ce que j'observe en consultation, et aussi des limites de la naturopathie. Parce que la transparence, c'est la base d'une relation de confiance.

Pourquoi la naturopathie divise autant

La naturopathie est une discipline encore jeune en termes de reconnaissance institutionnelle, particulièrement en France. Elle n'est pas réglementée de la même manière que la médecine — voire pas du tout, soyons honnêtes. Ce flou crée de la méfiance, et c'est compréhensible.

Dans ce flou, il y a effectivement de tout. Des professionnels sérieux, formés pendant des années, qui se remettent constamment en question. Et des personnes qui se disent naturopathes après une formation express de quelques week-ends trouvée sur un blog.

C'est pourquoi il est essentiel de regarder la formation d'un praticien avant de le consulter. Personnellement, j'ai une base en herboristerie, une formation en micronutrition suivie aux côtés de médecins généralistes et gynécologues, et des formations spécialisées en hormonologie, fertilité et pathologies féminines. Je me forme en continu, parce que la médecine et les sciences évoluent chaque jour — et que ce qu'on croyait vrai il y a dix ans peut se révéler inexact aujourd'hui.

La confusion vient aussi de ce que recouvre le mot "naturopathie" : nutrition, micronutrition, phytothérapie, gestion du stress, hygiène de vie, réflexologie, iridologie… Ces outils n'ont pas tous le même niveau de validation scientifique, et tous les naturopathes n'ont pas la même approche. Moi, je pratique ce qu'on appelle la naturopathie fonctionnelle — une approche ancrée dans la compréhension physiologique du corps.

Ce que dit réellement la science

Voilà où les choses deviennent intéressantes — et nuancées.

Est-ce que "la naturopathie" dans sa globalité est validée scientifiquement ? Non. Et c'est en réalité impossible à tester : c'est un concept trop vaste. C'est un peu comme demander "est-ce que la médecine marche ?" — ça dépend de laquelle, pour quelle pathologie, avec quel protocole.

Par contre, on dispose de données scientifiques solides sur les outils que la naturopathie utilise. Et c'est sur ces données que je m'appuie dans ma pratique.

Quelques exemples concrets dans le domaine de la fertilité :

  • L'inositol (et plus précisément le myo-inositol) : de nombreuses études publiées dans des revues scientifiques montrent qu'il améliore la sensibilité à l'insuline, régularise les cycles et améliore la qualité ovocytaire chez les femmes atteintes de SOPK.

  • La NAC (N-acétylcystéine) : son efficacité pour réduire l'inflammation, soutenir la détoxification hépatique et améliorer certains paramètres de fertilité est documentée.

  • La CoQ10 : les données sur son rôle dans la production d'énergie cellulaire — particulièrement pour la qualité ovocytaire et les femmes en parcours FIV — sont nombreuses et solides.

  • L'alimentation : des centaines d'études établissent le lien entre alimentation anti-inflammatoire et équilibre hormonal, entre index glycémique et SOPK, entre oméga-3 et fertilité.

  • Le stress : la recherche sur l'axe hypothalamo-hypophysaire montre comment le stress chronique peut perturber la production de GnRH et dérégler toute la cascade hormonale menant à l'ovulation. Ce n'est pas "dans votre tête" — c'est de la neuro-endocrinologie.

  • Le microbiote : les liens entre santé intestinale, inflammation systémique, métabolisme des œstrogènes et immunité reproductive font l'objet de milliers d'études en pleine expansion.

Ce que j'observe réellement en consultation

Je ne vais pas vous raconter que toutes mes clientes tombent enceintes en trois mois. Ce serait malhonnête, et contraire à mon éthique.

Ce que je peux vous dire, c'est ce que j'observe régulièrement — notamment à travers les consultations Fondations, qui constituent le point de départ de tout accompagnement. Ces deux premières consultations permettent de faire un état des lieux complet de votre situation : bilans, historique hormonal, hygiène de vie, alimentation. C'est à partir de là que je construis un protocole personnalisé sur six mois, parce que le corps ne se transforme pas en quelques semaines.

Chez les femmes avec un SOPK, quand on travaille ensemble sur la régulation de l'insuline — via l'alimentation, des compléments ciblés, une pratique de yoga pour réguler le système nerveux et une activité physique adaptée — je vois concrètement des cycles se régulariser. Des femmes qui avaient trois ou quatre cycles par an retrouvent des cycles beaucoup plus réguliers. Les ovulations se remettent en place. Les marqueurs biologiques s'améliorent : baisse de la testostérone, meilleur ratio LH/FSH, meilleure sensibilité à l'insuline.

Pour l'endométriose, je ne prétendrai jamais faire disparaître des lésions — si je le pouvais, je l'aurais fait sur moi-même. L'endométriose ne se guérit pas. Mais on peut travailler sur l'inflammation systémique qu'elle génère, sur les déséquilibres hormonaux associés, sur la santé intestinale — qui est souvent intimement liée. J'observe régulièrement une diminution significative des douleurs, une meilleure qualité de vie, une gestion améliorée des symptômes digestifs.

En PMA et FIV, c'est peut-être là que mon accompagnement est le plus pertinent. La médecine reproductive fait un travail extraordinaire — mais elle peut être complétée : optimiser la qualité ovocytaire, préparer la muqueuse utérine, soutenir le foie qui gère d'importants traitements hormonaux, accompagner le stress intense de ces parcours. Je le vois chez mes clientes : une réduction du stress, une meilleure réponse à la stimulation, une façon différente de vivre le quotidien.

Ce qui fonctionne vraiment : une approche globale

Quand on travaille à la fois sur la nutrition, les compléments, la gestion du stress, le mouvement, l'écoute du corps — c'est là que j'observe les transformations les plus profondes. Parce qu'on ne gère pas un symptôme isolé ou un chiffre sur une prise de sang. On accompagne une personne dans sa globalité.

Vous êtes unique. Votre âge, vos antécédents médicaux, votre niveau de stress, votre génétique, votre historique hormonal : tout cela joue un rôle. C'est pourquoi je ne fais jamais de copier-coller de protocoles.

Ce que mes clientes expriment souvent en fin d'accompagnement, c'est qu'elles ont retrouvé une connexion avec leur corps. Qu'elles comprennent enfin ce qui se passe. Qu'elles ne subissent plus passivement leur infertilité. Qu'elles ont repris du pouvoir sur elles-mêmes. Pour moi, ça vaut tout l'or du monde.

Alors, est-ce que la naturopathie marche ?

Ma réponse : ça dépend de ce qu'on entend par "marcher".

Si on attend une solution miracle qui règle tout en trois semaines sans effort — non. Mais il n'existe pas grand-chose qui fonctionne comme ça, même les traitements médicaux les plus puissants demandent du temps et de l'engagement.

Si on entend un accompagnement qui aide à améliorer sa santé reproductive, à optimiser sa fertilité, à comprendre son corps, à retrouver du pouvoir sur sa santé — alors oui, la naturopathie peut vraiment apporter quelque chose. À condition d'avoir des attentes réalistes, de comprendre que c'est un processus qui prend du temps, et d'être accompagnée par un professionnel sérieux qui connaît ses limites et travaille en complémentarité avec la médecine.

Si vous voulez aller plus loin et entendre ma réponse dans sa version audio — avec tout ce que ça permet en termes de nuance et d'émotion — l'épisode 23 de Confidences Fertiles vous attend ici : [LIEN ÉPISODE 23]. Et si vous avez des questions sur mon approche ou sur les consultations Fondations, vous pouvez m'écrire directement sur WhatsApp via le lien en bas de mon site. Je réponds à tout le monde, toujours.

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